Libreville se dote de clubs dédiés à l’entreprenariat

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Depuis l’annonce de la crise dans le secteur pétrolier et face au chômage galopant qui frappe plus de 30% de la jeunesse gabonaise, l’entreprenariat est perçu comme une alternative à la faiblesse d’une économie dont les fondamentaux résident sur les ressources naturelles. Credo de lutte acharnée des autorités, cette culture nouvelle tend à être généralisée à la population bien que le combat n’est pas gagné d’avance face à une situation des citoyens qui s’est complait des années de largesse du secteur pétrolier. Les « Club entreprenariat » lancés il y a quelques jours par l’incubateur national, JA Gabon, en présence des autorités publiques participent de l’intégration de cette culture. Pour Madeleine Berre, ministre des PME, la raison est toute avouée : « L’auto-emploi aujourd’hui est l’une des meilleures options d’employabilité des jeunes au Gabon. Il y a un pan de possibilités qui est inexploré et qui échappe aux jeunes. »

Destiné dans un premier temps à la population lycéenne, l’ambition de l’incubateur n’est pas de transformer chaque apprenant en entrepreneur mais de donner aux jeunes l’opportunité de se révéler, de créer, de rêver et de devenir autonomes de telle sorte de créer une passerelle entre le monde de l’éducation et le monde des affaires. En effet, explique la directrice générale de JA Gabon, Radia Garrigues, « Les clubs sont pour nous des lieux d’échanges, de partages et d’apprentissages à l’éducation financière. Nous leur donnons un fonds d’amorçage de 500 000 francs, ensuite, les jeunes doivent créer de la valeur et générer des revenus par eux-mêmes qui leur permettront de pérenniser le club dans chacun des établissements ». Un engouement qui selon le ministre de l’agriculture, Biendi Maganga Moussavou, montre la volonté du gouvernement d’ouvrir les esprits, à l’importance que représentent les jeunes pour l’avenir du Gabon. Un avenir qui réside selon lui, dans la compétition internationale qui oblige tout le monde à être au niveau. Pas donc étonnant que le souhait de la ministre de l’Education nationale, Nadine Anguile, est de voir de nombreux jeunes lycéens adhérer à cette cause puisque ce nouveau projet s’adresse à la jeunesse scolarisée.

Toutefois, loin des logiques et de la quintessence des actions comme celle-ci en direction de l’entreprenariat, la question des retombées de ces actions et autres initiatives faits débat à Libreville, lieu d’émancipation des actions de l’incubateur JA Gabon. En effet, cela fait aujourd’hui plusieurs années que l’incubateur prend parti dans le combat pour l’employabilité des jeunes par le canal de l’auto-emploi. Et pourtant, malgré les sommes dépensées et l’acharnement autour de l’entreprenariat, la visibilité des entreprises créées dans le cadre de cette lutte fait elle aussi débat. Et la question que bon nombre de gabonais se posent est celle de savoir la localisation de ces entreprises et le nombre d’emplois depuis leur mise en activité. Loin de vouloir remettre en cause l’action des autorités vis-à-vis de ce projet qui date de plusieurs années, ni même celle de l’incubateur, l’opinion serait peut-être gré d’en déduire de cette action via des statistiques sur l’emploi car depuis ce combat au-delà des éloges des actions rien n’a vraiment changé à la situation du chômage des jeunes.

Michael Moukouangui Moukala

Source : Gaboneco

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