Mesures d’austérité : De la précipitation dans la communication gouvernementale !

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C’est un rétropédalage dans la confusion de l’opération de mise sur bons de caisse des agents publics. Après être allé vite en besogne devant la pression du Fonds monétaire international (FMI), qui, au terme de sa mission d’évaluation à Libreville, a dénoncé « des résultats décevants » dans l’application de son programme d’ajustement structurel (PAS), le gouvernement, face à l’impopularité criarde de sa cure d’austérité violente, a décidé de surseoir à l’application, dans l’immédiat de certaines mesures. La réduction des salaires de plus de 650 mille ne sera plus applicable ce 25 juillet. Et pour cause, le ministre de la Fonction publique, Ali Akbar Onanga explique le report de cette mesure par la nécessité préalable du gouvernement d’attendre d’abord la fin des opérations de recensement des agents de l’Etat.

Ce qui permettra au gouvernement de disposer d’une vue nette du nombre exact des fonctionnaires. En dépit de ces explications, il ne faut pas perdre de vue que les ardeurs contestataires de Dynamique unitaire ont dû peser sur ce revirement. Laquelle dynamique jure par tous les dieux qu’il ne sera pas question pour les fonctionnaires gabonais de payer un seul centime de leurs salaires pour compenser la mauvaise gestion de l’argent public par l’incurie d’un gouvernement qui a précipité le pays dans une « banqueroute » généralisée. On voit bien que malgré la création dans la foulée du plan d’austérité de quelques syndicat comme l’Union sacrée pour la patrie (USP) pour tenter de jouer les porte-paroles des mesures partout décriées comme les plus dévastatrices que le pays ait jamais connue, le gouvernement reste en mal de soutiens dans sa démarche. D’où ce report.

Un report dans la confusion…

C’est le moins qu’on puisse dire puisque l’annonce d’Ali Akbar intervient alors que la plupart des agents déjà en possession de leurs bons de caisse, ont été surpris et écœurés de constater qu’en plus des décotes annoncées par le gouvernement, leurs différentes primes obtenues au prix de longues grèves ont été également supprimées. Nos confrères de Gabonactu.com rapportent même la colère d’un agent du secteur santé dont le salaire, d’ordinaire près des huit cents mille FCFA par mois a été ramené à un peu plus de quatre cents mille dans son bon de caisse. Au fond, la décision du gouvernement de surseoir à cette réduction des salaires apparaît comme un médecin après la mort. Surtout que des coupes ont déjà été opérées sur les bons de caisses qui serviront de support au paiement de ses salaires. Nonobstant les annonces d’Ali Akbar, la date du 25 est désormais un brasier qui menace partout un climat social prêt à s’enflammer.

Leno KOLEBA

Source : Gaboneco

Gaboneco